samedi 4 août 2012

Potager urbain VS le gazon en façade ???

(Crédit photo ci-contre : Radio-Canada)
Nous avions senti la résistance aux changements chez quelques personnes dès l'installation de notre potager en façade de maison.  En s'affairant au potager, on notait chez certains passants des regards de dédain et parfois même méprisants.  Facile de deviner leurs pensées dans ces conditions.  

Dieu merci, la vapeur est renversée aujourd'hui. Vous êtes nombreux à venir nous saluer et nous encourager dans notre démarche auprès de la ville.  Nous en profitons alors pour vous faire visiter notre potager et faire un peu connaissance le temps de votre passage.




Toutefois, la question que l'on se pose comme, bien d'autre personne se la pose d'ailleurs, c'est pourquoi un potager en façade dérange tant?  Vous êtes vous posé la question?  

Voici la position de la ville de Drummondville selon l'article de Marie-Claude Lortie de La Presse:  
Lorsque mon collègue Jean-Thomas Léveillé a demandé au directeur général de la Ville de Drummondville pourquoi il n'était pas friand des potagers déployés devant plutôt que derrière les maisons dans les secteurs résidentiels, Claude Proulx lui a expliqué que c'était parce que cela créait un problème de «cohésion de la trame urbaine».
Toutefois, cette position fut repensée par la mairesse et nous devrions en avoir les échos au conseil municipal le 13 août prochain.  Réunion à laquelle nous convions nos concitoyens.  En fait, le conseil municipal étant publique, vous y êtes admis et invités sans aucune restriction. 

Pour Fritz Haeg, l'auteur de Edible EstatesAttack on the Front Lawnet l'un des plus ardents supporteurs des potagers sur les terrains de façade, ce ne fut pas toujours ainsi et la question et la question qu'il se pose est la suivante: 
How far have we come from the core of our humanity that the act of growing our own food might be considered impolite, unseemly, threatening, radical, or even hostile?
(traduction libre par logiciel Google : Dans quelle mesure sommes-nous arrivés à partir du noyau de notre humanité que l'acte de cultiver de notre propre nourriture pourrait être considéré comme impoli, inconvenant, menaçant, radical, voire hostile?)
Sur le site de Radio-Canada, vous pouvez entendre à "C'est une autre histoire", de Jean-François Nadeau, une émission sur l'histoire du gazon.  On présente cette émission ainsi :  
Le gazon est bien plus qu'une herbe qui tapisse notre cour arrière. Il peut être un symbole de fierté, une source de querelles et un terrain de litige, tout ça à la fois. Découvrez le gazon comme vous ne vous l'êtes jamais imaginé!
En écoutant le reportage de Jean-François Nadeau et ses invités, vous apprendrez que le gazon est un phénomène typiquement anglais importé en Amérique au 18ieme siècle.  Et en cette époque le gazon représente cet idéal d'ordre et de précision, qu'on associe à l'idée du gazon à l'américaine,  c'est un effort de la domestication de nature dans un espace, l'Amérique, qui est lui même très sauvage.  À cette époque c'était la symbolique de l'arrivée du nouveau monde dans l'ancien monde.  

Encore aujourd’hui, pour certain, cet idéal d'ordre et de précision persiste..

Mais pour nous le gazon n'est plus moralement acceptable sur notre façade de maison si nous désirons utiliser cet espace pour un potager.  Aujourd'hui, autant pour des questions de santé, d'environnement et d'économie, un potager doit primer sur le gazon.  Laissons les mots de la fin à Yannick une blogueuse sur laquelle j'ai déjà fait un billet.   Yannick répond à une dame qui est contre les potagers en façade et qui croit que ça ferait baisser le prix des maisons:
Des surfaces gazonnées purement estétiques sont une incroyable absurdité quand on est pleinement conscient des urgences à restorer notre patrimoire végétal. Ce n'est qu'une question de temps et de changements de moeurs. Il faut agir comme le font ces gens. Ce sont les gazons et les pesticices qui devraient être interdits.
Des facades aménagées en potager feront plutôt augmenter la valeur des propriétés, croyez-moi. Attendez que le pic pétrolier nous tombe dessus, que la crise économique frappe, que le prix des aliments montent en flèche. Vous verrez qu'on s'inspirera de ce potager comme un modèle et un précurseur. Ils le font de leur plein grès, il viendra un temps où les gens n'auront plus le choix.
La devise du Québec est "JE ME SOUVIENS" ... Il n'y a pas si longtemps les potagers en façade étaient considérés normaux et acceptables.  Il y a des gens responsables et inquiets pour le futur qui demandent à nos décideurs de s'en souvenir:








Et vous, nous aimerions vraiment vous entendre.  

Pourquoi d'après vous un potager en façade 
dérange tant certaines personnes?  

Merci de nous laisser votre réponse en commentaire.



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Nous vous invitons à ne pas relâcher et encourager vos proches à aller signer les pétitions. 
Pétition Kitchen Gardeners International / Potager Sans Frontière
NOUVEAU : Pétition par Care2: Quebec, Let Homeowners Have Kitchen Gardens!

NOUS SOMMES À PLUS DE 24,400 SIGNATURES.
NOUS AVONS TOUS RENDEZ-VOUS LE 13 AOÛT À LA MAIRIE DE DRUMMONDVILLE
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7 commentaires:

  1. Je gagerais mes bobettes (nettes) que c'est une de vos voisins, le genre "tête à claques", qui s'est plaint. Ce sont des gens qui par envie, jalousie ou par pure méchanceté "stool" (comme on disait à l'école) pour tout et pour rien. Le seul "hic" que j'y vois c'est que ce même "moton", si vous gagnez votre cause, va être le premier à transformer sa cour avant en jardin "dépotoir". Des plants de maïs de 8 pieds, une brouette rouillée, trois gnomes et quatre flamand rose. "Bin koi, j'ai l'droit stie!"

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  2. Ce qui diffère de la norme, du conventionnel, du connu, du "de à quoi on est habitué" dérange, inquiète, perturbe, questionne... Voilà, c'est tout simple! universelle et perpétuelle peur de ce qui est différent.
    De plus, l'apparent privilège que s'octroie certains individus ou groupe peut susciter envie et jalousie, ça, ce n'est pas nouveau non-plus.
    Rappelons-nous que ceux qui nous critiquent nous envient souvent!

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  3. Hello from Virginia!

    In my humble opinion on why it upsets some people to have a garden in a front yard is... Because deep inside they feel they are part of the problem, they are too lazy to make one themselves and are envious and grow hatred towards you and your awesome, beautiful, garden because they lack the courage and commitment to create something as beautiful and nourishing as your garden spot.

    People are just lazy, and don't see the benefit of such a great garden space, and that is sad. Here in America, during World War 2, we were encouraged to grow "Victory Gardens" to help with the cost of Agriculture... now, we are considered introverts and "could be terrorist's" if we try to grow our own food. Sad, sad, truly sad times we live in. Keep up the great work, your garden has inspired me! I hope and pray you guys get to keep it!

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  4. Voici les commentaires de Joanne Gareau qui nous a fait parvenir le tout par courriel. On vous le transmet ici tout en lui disant merci pour son partage:

    D'abord il y a beaucoup de gens qui ne sont pas conscients. Pas conscients = s'en tenir au statu quo, rester dans de vieilles habitudes qui ne demandent aucun changement parce que changer = efforts.
    Aussi les gens sont généralement dans la peur alors tout ce qui est différent fait peur. C’est triste certes mais c'est ainsi que nos sociétés ont évolué depuis longtemps mettant tout est en place pour contrôler l'esprit des gens par la peur, entre autre, mais aussi par une déresponsabilisation générale de sorte que les gens ne pensent plus par eux-mêmes.
    Comme l'a dit Noam Chomsky: The general population doesn't know what's happening, and it doesn't even know that it doesn't know.
    Je suis aussi d'accord avec le commentaire précédent de Dominique à l’effet que certaines personnes pourraient souffrir de jalousie et d'envie et ça on peut pas y faire grand-chose sauf peut-être que par nos gestes…
    Alors je termine avec les sages paroles de Ghandi: Be the change that you want to see in the world.

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  5. C'est sans doute la différence qui "dérange".
    Et pourtant, quel bonheur pour les voisins (aussi) de voir se transformer tout ce qui a été planté!
    Je trouve votre jardin fabuleux.


    Mes tomates rougissent d'envie devant les vôtres qui ont plus de compagnnie!

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  6. Je l'avoue ... je l'avoue ... je suis passée devant chez vous. Curiosité quand tu nous prends!
    Vous savez ce qui a dérangé mon oeil le plus? La trampoline de votre voisin, pas trop loin de la rue et pas de clotûre. C'est pas un peu dérangeant pour les automobilistes ça?

    On peut trouver des puces partout quand on le veut bien.

    Le Québec me fait toujours un peu peur quand c'est le temps de penser environnement.

    J'ai des séances quasi-quotidienne de débats avec les gens où je leur pose souvent la question suivante:
    "Qui sommes-nous en tant que peuple pour se baser sur le fait que nous sommes dans la liste des pays nantis pour justifier un tel gaspillage de ressources?" J'ai jamais la réponse. Ou si peut, je me fais répondre des "ouin mais faudrait changer le monde alors". Oui en effet faudrait. Et quand je leur parle d'une meilleure gestion/utilisation des ressources (entre autre l'eau potable) je me fais répondre "ouais mais c'est pas tout le monde qui sont près à cela".

    C'est le problème. Les gens font tellement de projection. Ils voient vos efforts, s'imaginent qu'eux ne pourraient pas le faire, deviennent frustrés, vous dénoncent. Tant qu'on aura les deux pieds dans le confort 24/7 que de manger sera aussi facile pour une grande majorité que de traverser au magasin du coin pour acheter la première tomate venue peu de gens comprendront votre démarche. En 2011, je suis partie d'une maison neuve pour acheter une ferme délabrée que j'ai l'intention de restaurer dans le but de produire de plus en plus de ma propre nourriture. Ça fait longtemps que les gens de mon entourage aurait fait des plaintes s'ils avaient pu. Les gens carburent à la stérilité de la conformité. C'est rassurant, ils n'ont pas à s'adapter à un changement. Faudrait seulement qu'ils comprennent que vous n'allez forcer personne à planter des courges dans leur parterre... Ça serait souhaitable par contre ... mais bon, ça n'arrivera pas. Ils ont seulement peur de voir leurs petites vies rangées, perturbées par de la "méchante" nouveauté.

    Lâchez pas!

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  7. J'abonde dans la sens des autres commentaires....mais j'irai plus loin en disant que le potager devant, derrière, à côté ou au dessus, ça devrait être un "droit".

    Je prêche pour la biodiversité, alors pour moi chaque potager devrait avoir ses "couleurs" mais pour ceux qui en ont peur, une certaine uniformisation des potagers en devanture pourrait être acceptable (tant qu'on commence pas à nous dire quoi manger! hihihi)

    Bonne continuation et bon courage.
    Vous tracez la voie!

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